• Baresto Sans Gêne, 122 Rue Oberkampf - 75011 Paris

    De l'emblématique Cirque d'Hiver jusqu'aux boulevards de Belleville et de Ménilmontant, c'est Oberkampf.
    L'ancien quartier ouvrier, autrefois peu fréquentable, est devenu le repaire des artistes et des noctambules. Si bien qu'aujourd'hui, la rue Oberkampf et ses deux voisines: Saint-Maur, et Jean-Pierre Timbaud, forment le triangle d'or des nuits parisiennes.

    Partout, les cafés-restaurants branchés et les galeries "arty" ont remplacé, peu à peu, les ateliers d'artisans et les bistrots traditionnels.
    Ainsi dans la rue Oberkampf, jusqu'aux hauteurs de Ménilmontant, on enfile les cafés comme les perles: le Mécano, le Bric à Brac, le Nouveau Casino, le Café Charbon, la Cithéa Nova, la Locandiera, le Café de Paris, … et bien d'autres encore. Surannés à l'extérieur et contemporains à l'intérieur: voilà le "mix" intangible d'un lieu bien "tendance".

    C'est un peu le Soho parisien, un quartier qui incarne la fête et les sorties nocturnes, et où se mêlent lounges-bars et spots à la mode pour une faune branchée et cosmopolite.
    Celle-ci se doit d’aller et venir de bar en bistrot, de bal en concert, … pour toujours être en accord avec la frénésie ambiante qui, dans ces lieux festifs, surprendra ses oreilles lors de nuits musicales jusqu’à plus d’heures.

    Au 122, de la rue Oberkampf, c'est le "Sans Gêne", un baresto ("sic") qui se décrit par des mots-clés aisément compréhensibles par les initiés : "tête à tête" · "petit resto" · "la formule" · "gay friendly" · "bouteille" …
    On peut bien sûr y payer des tournées de boissons avec son mobile sur "Drinkon.me"  …
    C'est le Paris' new style, et ce n'est pas le mien …


    >> Déjà sur Parisperdu: "Tendance Oberkampf".

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Ni pub, ni soumise …"

     

     


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    La rue Oberkampf est une rue-faubourg de l’Est parisien, c'est-à-dire une voie qui va du centre vers l'une des portes de la ville. Autrefois simple rue commerçante, la rue Oberkampf est devenue - dans les années 1990 - un haut lieu de la "branchitude" parisienne.

    L'artère a connu un grand chambardement à la fois dans la typologie des lieux et dans la sociologie des gens habitant ou fréquentant le quartier. De nombreux cafés et restaurants, des bars, des boîtes de nuit et des salles de concert ont été ouverts dans cette rue, et … les anciens ateliers ont été reconvertis en galeries d’art ou en bureaux accueillant architectes, artistes ou designers.

    Au 109, on trouve le "Nouveau Casino", installé dans un ancien "rade" parisien, il propose du "concert-clubing", un concept qui fait recette dans le secteur. Temple du rock et antre de l'électro depuis son ouverture en 2001, le "Nouveau Casino" fait la part belle aux nouveautés, à la découverte, et aussi à la marginalité, qualité essentielle de ce terrain de jeux pour créatifs de toutes sortes … qu'est devenu le 11ème arrondissement.

    Sur le pignon ouest de l'établissement s'étalait, il y a encore peu, un immense panneau publicitaire. Au rythme des campagnes promotionnelles, ce sont les produits de beauté "Eclair de Clarins", les soutiens-gorge "Aubade" ou le saucisson "Cochonou" … qui s'affichaient ici. Bref, pas forcement de quoi plaire à la direction du "concert-clubing" mitoyen qui, un jour n'en pouvant plus … a adopté une attitude "ni pub, ni soumise" et a placardé son propre message … Enfin "propre" si l'on peut dire … car un grapheur a jugé utile de compléter le message par : "Oui, c'est vrai, on sent la mer … d'ici" !!!!


    >> Dans la "jungle" des panneaux publicitaires.

    >> Chez Justine. 

     

     


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    L'un des derniers bougnats de Paris aura sans douté été ce café-charbon-mazout du 6 rue Emile Lepeu, dans le 11e arrondissement. Il resta en activité jusqu'en 2004 et, même si à cette date peu de gens utilisaient encore le charbon, il disposait pourtant de son ''chantier'', c'est-à-dire de son tas de charbon dans l'arrière boutique et servait en salle aussi biens des tasses de petit noir que des ballons de petits blancs …

    Aujourd'hui, l'âme du vieux bougnat  a été partiellement préservée. Et même s'il a été quelque peu remis au goût du jour, l'établissement a conservé un certain charme, avec son comptoir en formica rouge des années 60. Mais on est passé du charbon naturel à l'un de ses radio-isotopes car la façade affiche désormais : "Carbone 14" !

    Dans le quartier, outre ce bougnat, on trouve encore quelques rares bistrots "d'époque" qui reflètent un Paris convivial et authentique.
    C'est un Paris ni tout à fait d'hier, ni tout à fait d'aujourd'hui, qui continue à exister… un Paris presqu'éternel.

     

     >> Le café-charbon, au temps d'Odette Escalier.

    >> "Le Carbone 14".

    >> ... avec son comptoir en formica rouge des années 60.

     

     


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  • Au 37 bis de la rue de Montreuil, dans le 11ème, la cour de l'Industrie, créée au milieu des années 1800, témoigne aujourd'hui encore du passé artisanal de l'arrondissement.

    Il y a là une cinquantaine d'ateliers pour moitié des artisans, pour l'autre des artistes. Longtemps menacés d'expropriation ceux-ci se sont très tôt constitués en un groupe de pression. Et, avec l'appui de la mairie de Paris et d'associations diverses, à coup de pétitions et d'actions, les occupants vont finalement pouvoir rester dans l'un des derniers vestiges du patrimoine artisanal du quartier.

    Car aujourd'hui, la démolition de l'ensemble n'est plus à l'ordre du jour et le lieu parait définitivement sauvé. Rachetée par la mairie de Paris qui y commence des travaux de rénovation, la cour de l'Industrie restera en activité et ne sera donc ni "loftisée" ni "boboïsée".

    Les doreurs-laqueurs, les sculpteurs-ornemanistes et … autres artisans à l'ancienne vont pouvoir continuer à travailler sereinement dans le dernier îlot d'ateliers dans Paris.

    Preuve est faite que, même face aux promoteurs aux dents longues, la lutte et la solidarité paient …



    >> Le 37bis, site officiel.

     

     


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  • Nous sommes en plein cœur de Paris, dans le haut du 11ème arrondissement, juste à coté de "Boboland".

    La rue est étroite, sale et peu engageante. Et là, après m'être aventuré dans plusieurs arrière-cours, j'atteins la limite de l'irréel.

    Donnant directement sur la courette mal pavée, une porte basse est restée entrouverte. Il s'en échappe le son nasillard d'une radio.

    Je m'approche et un gamin vient à ma rencontre.

    - "Vous voulez parler à maman me dit-il ?"

    Un peu interloqué, je bafouille :

    - "Non, enfin … oui … si vous voulez …"

    Une grande femme africaine apparaît alors dans l'embrassure de la porte, elle se tient voutée tant sa taille est disproportionnée par rapport à cette toute petite ouverture …

    - "Je ne voulais pas vous déranger" lui dis-je.

    - "Vous ne me dérangez pas", me rétorque-t-elle.
    - "Mais je vois que vous êtes photographe, c'est que vous trouvez le quartier si joli que ça … ?", ironise-t-elle …

    Là, je suis un peu gêné mais je le serai encore plus lorsqu'elle me dira :

    -"Voyez dans quoi j'habite, moi et mes trois enfants …"
    Et là, d'un geste, elle ouvre largement la porte de son "appartement".

    En fait d'appartement, il s'agit d'une pièce unique où chacun des quatre murs a sa fonction : à droite lavabo et toilettes, en face gazinière et cuisine, à gauche: des matelas empilés font penser qu'il s'agit … de la (ou des) chambre(s) à coucher et enfin, sur le dernier mur un monceau de vêtements accrochés: le dressing !

    Ces personnes vivent dans un taudis, une pièce insalubre, un habitat indigne.

    Ils connaissent en permanence l'humidité, les fuites et les infiltrations d'eau, le sol déformé, le système électrique et les sanitaires hors normes, l'absence de chauffage, l'unique et minuscule fenêtre qui ne ferme pas, etc...

    Tout cela parait incroyable … en plein Paris, au 21ème siècle !

    En France, on évoque sans cesse la crise du logement, mais quand la situation devient aussi dramatique, que font nos responsables politiques ?

    Les municipalités de droite ne veulent pas d'HLM chez elles, celles de gauche non plus mais elle l'avoue moins (en même temps on le comprend quand on voit ce que sont devenues les cités) et puis de toute façon, les votes des plus déshérités leur sont déjà acquis, donc pourquoi faire des efforts …

    Alors, les mal-logés sont le dernier des soucis de nos politiques, sauf s'ils font trop de bruit ou s'ils sont victimes d'un fait divers tragique qui nuirait à l'image de la ville...

    Embellir la ville avec des sculptures, mettre des vélos à disposition des administrés, (l'environnement, par contre, c'est vachement tendance), sponsoriser de l'évènementiel … voilà des façons autrement plus sympa de dépenser les deniers publics.

    Là aussi, on atteint les limites de l'irréel !


    >> Les marchands de sommeil sur Parisperdu.

    >> Voir aussi : "Garnis et meublés ..."

    >> Voir aussi : "Une chambre en ville"

     


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