• Marché du boulevard de Belleville_ Paris 20ème

    Quand vous sortez du métro Belleville, dans le bas du quartier, la dimension multiethnique vous saute immédiatement aux yeux.

    Ici tout n'est que mélange, car à Belleville il n'y a pas de secteurs exclusivement dédiés à telle ou telle autre communauté. Chinois, juifs, maghrébins ou africains, tous vivent ensemble, installés ici et là au gré de leurs arrivées, au fil du temps. Ils partagent l’espace avec de vieux prolétaires français, avec des artistes venus de tous horizons mais aussi, plus récemment, avec de jeunes bourgeois-bohèmes, les fameux "bobos".

    Et c’est surtout le long du boulevard de Belleville, puis de celui de Ménilmontant, à l’occasion du marché qui se tient chaque mardi et vendredi, que le visage multiculturel et populaire de Belleville se révèle avec toute sa force.

    Le dimanche, les chinois se rassemblent sur le boulevard de Belleville, autour de la station de métro, pour s'échanger les nouvelles de leur lointain pays. Les vieux "chibanis" (ces immigrés maghrébins qui partagent leur temps entre leur pays d’origine et la France) discutent de façon quasi-permanente, assis sur les rares bancs du quartier. Un peu plus loin, nonchalamment assis aux terrasses des cafés populaires du bas Belleville, les juifs tunisiens partagent à longueur de journée le thé à la menthe.

    Et, si la rue de Belleville, colonne vertébrale du quartier, offre surtout un visage chinois jusqu’à la rue des Pyrénées, il faut savoir se perdre sur les flancs de la colline pour découvrir ici une synagogue, là une échoppe tenue par des maghrébins, ailleurs un traiteur polonais, puis un supermarché asiatique, ou un coiffeur indien, ou encore un restaurant africain.

    Mais les enseignes du monde entier ou les habits traditionnels vus ici, ne sont que la partie émergée de Belleville. Les Portugais, les Yougoslaves, les juifs ashkénazes et bien d'autres encore sont également bien présents même s'ils sont visuellement plus discrets.

    Après avoir dépassé la synagogue au 118 boulevard de Belleville, et en continuant vers le métro Couronnes, on se retrouve au cœur d’un quartier musulman, entre les librairies islamiques et les magasins de hijab concentrés autour de la mosquée Omar-ibn-el-khattab. Mais Couronnes n’est pas pour autant devenu un ghetto musulman car, au cœur de cet îlot, se trouve la mémoire ouvrière et populaire de Belleville : la Maison des Métallos, un haut-lieu du syndicalisme des années 30, reconverti aujourd'hui en un établissement culturel.

    (A suivre ...)

     

    >> La Maison des Métallos, au  94 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

    >> Terrasses des cafés "Aux folies" et "Au vieux Saumur"- 10 rue de Belleville

     

     


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  •  La partie haute de la rue de Belleville et la vue sur la Tour Eiffel (Mars 2014)

    Voyager est un art pluriel. Chacun conçoit le voyage avec ses propres attentes, ses propres rêves, ses propres images. Mais voyager ne veut pas forcement dire aller au bout du monde. La découverte, le partage, les rencontres peuvent se trouver à deux pas de chez vous, pour peu que vous soyez curieux, sans à priori et avide de découvrir un monde qui vous change de votre quotidien.

    Si vous êtes de ceux-là, alors le voyage à Belleville est fait pour vous.

    Mais ce n'est pas à un "voyage organisé" que nous vous convions, car pour bien capter les multiples visages de ce coin de Paris, une longue pérégrination en solitaire vous sera nécessaire. Aussi, votre voyage va explorer 5 différentes facettes de ce quartier singulier de la capitale.

    Alors, bienvenue à Belleville.

    Dans un premier temps, avant de partir "sur le terrain" quelques mots sur l'Histoire du quartier seront utiles pour mieux le connaître et donc mieux le comprendre.

    Accroché au flanc d’une colline qui domine Paris, Belleville n’a jamais perdu son identité populaire. Commune indépendante jusqu’en 1860, elle attire alors les parisiens sous les treilles et entre les vignes de ses guinguettes.

    Les grands travaux d'Haussmann qui, sous le Second-Empire, transforment le centre de Paris, ne l'atteignent pas et bon nombre d’artisans et d’ouvriers, chassés du cœur de la capitale, s’installent alors à Belleville.

    A cheval sur les 10è, 11è, 19è et 20è arrondissements, le quartier connaît alors une très forte urbanisation. Elle se prolongera jusqu'au début de la première guerre mondiale.

    Dès les années vingt, Belleville accueille différentes vagues d’immigration qui viennent trouver refuge en France. Ces arrivées de populations diverses n'ont depuis lors jamais réellement cessé et ont donné au quartier ce visage cosmopolite qui le caractérise aujourd’hui.

    Les richesses ethnique et culturelle de Belleville se découvrent certes au fil des trottoirs mais le quartier préserve encore bien des secrets derrière les portes des immeubles aussi, ne faut-il pas hésiter à les pousser … si les digicodes le veulent bien … !.

    Belleville est un patchwork à forte identité et étonnamment vivant. Ici, tout et tous se mélangent : les histoires des hommes comme les décors du quartier.
    C'est un Paris dépaysant, populaire et chamarré qui bouillonne ici.

    Et, aujourd'hui encore, faire le voyage à Belleville reste une expérience à la hauteur de celle qu'entreprenaient dans les années 50, des photographes humanistes comme Doisneau, Izis ou Willy Ronis … Tous venaient immortaliser le Paris populaire du 20ème siècle qui s’exprimait alors pleinement ici.

    Nous vous souhaitons "bonne route et bon voyage" …


    (A suivre …)



    >> Voir aussi : le Petit miracle de Belleville.

     



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  •  Une impasse sécurisée de la villa Faucheur - Paris 20ème - octobre 2005

    Grilles, clôtures, portails automatiques... dans les vingt dernières années, les "communautés emmurées", comme disent les Québécois, sont devenues un élément constitutif de l'habitat parisien. Ces résidences clôturées laminent l'image d'une ville qui se veut "championne  du vivre ensemble", un label que nous servent régulièrement les politiques locaux.

    Si le phénomène touche toute la France, la capitale arrive en seconde position juste derrière Marseille qui détient le record national de l'habitat barricadé. Mais Paris progresse et la tendance au cloisonnement en enclaves résidentielles fermées, est massive. Elle touche tous les types de logements - ancien, récent, individuel, collectif, luxueux ou très modeste - et tous les arrondissements de la ville. D'ailleurs aucun promoteur immobilier ne s'aventure, désormais, à proposer aux acheteurs un projet neuf sans l'étiquette "sécurisée", un euphémisme car en fait il s'agit d'accès totalement contrôlés et de frontières solidement bouclées.

    Et pourquoi croyez-vous que les copropriétaires demandent la fermeture de leurs résidences, de leurs villas, de leurs impasses … ? Pour la sécurité, bien sûr car avec des portails automatiques, il est plus difficile de voler une voiture ou de cambrioler une maison. Mais le sentiment d'insécurité, réel ou supposé, est le déclencheur de bien d'autres demandes. Et les causes de fermeture dépassent largement la problématique de la sécurité. Car au final, ce qui est aussi recherché, c'est la volonté d'entre-soi ...

    Et, plus on se rapproche des grandes cités HLM, notamment dans les quartiers nord, plus le malaise est patent … et plus on se renferme sur soi-même.
    Vous avez dit mixité sociale … ?


    >> Voir aussi : "La villa Faucheur".

    >> Digicode, tu n'es pas mon ami …

    >> Bref entretien, rue Miguel Hidalgo.

     

     


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  • La "Mer à boire", devenu le "O'Paris" au 1 rue des Envièrges Paris 20ème (Juillet 2013)

    C'est une querelle à l'ancienne, émaillée d'invectives lancées à la nuit tombée, de vitres brisées et d'échanges de tags vengeurs. Dans le quartier de Belleville-Ménilmontant se joue en effet une drôle de bataille de bistrots, brossant en filigrane les transformations que connaissent la capitale.

    Car là-haut, la gentrification ne cesse de gagner du terrain, creusant le fossé entre des populations installées de longue date - qui voient le prix des loyers s'envoler - et les nouveaux arrivants: bobos et autres hipsters.

    Et les quelques propriétaires de bars historiques du coin ont vu d'un mauvais œil l'arrivée de cafés à la mode, fréquentés par une clientèle jeune et cosmopolite - tel le "La mer à boire",  rue des Envièrges, ouvert en 2009  et devenu depuis le "O'Paris".
    Des Cafés-Bars qui répondent aux canons de la mode qui prévalent aujourd'hui à Paris.

    Mais les bistrots traditionnels dénoncent la méthode "façon cheval de Troie" des nouveaux arrivants qui se présentent souvent comme de petits entrepreneurs modestes et sans le sou alors qu'ils investissent des sommes énormes dans ces nouveaux établissements.

    Et, derrière la guérilla des bars, où chaque zinc cherche à dézinguer son voisin, se profile le débat sur le prix de l'immobilier à Paris, car les loyers continuent de flamber. En deux ans, dans certains secteurs de Belleville, ils ont augmenté de 40 % !

    Dans les quartiers Est de la capitale, la zizanie dans les zincs est maintenant bien établie … la querelle des anciens et des modernes n'est pas près de cesser.

     

    >> Voir aussi : "Balade hors des sentiers battus ..."

     

     

     


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  • L'impasse Suez vue depuis la rue de Bagnolet. (Paris 20e) Juin 2012.

    L'impasse de Suez doit bien sûr son nom au canal mais aussi sans doute à sa proximité avec la rue de Lesseps dont l'ingénieur en avait été le promoteur.

    Au départ du 77 de la rue de Bagnolet, une voie a d'abord porté pendant quelque temps le nom de rue de Suez, celle-ci débouchait dans la rue de Lesseps. Puis, cette rue a été transformée en impasse lors de la construction de l’école communale de filles de la rue de Lesseps.

    D'où aujourd'hui ce "moignon" de rue d'à peine 15 mètres de long, une impasse … pour tout dire assez moche. Toutefois, le quartier est tranquille, à deux pas du Cimetière du Père Lachaise par la rue du Repos … c'est vous dire si c'est calme … !

     

    >> Autres impasses dans le même quartier.

     


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