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    L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.
    Au 5 de la rue Lesage, Paris 20ème (novembre 2010)
     

    Dans le bas-Belleville, la rue Lesage a longtemps fait grise mine. Ses immeubles modestes, aux façades dégradées, abritaient souvent des logements peu reluisants. Mais, au tournant de l'an 2000, une vague de réhabilitations a progressivement amélioré la situation. Pour une fois, à Belleville, on ne pratiquait plus la politique de la table rase.
    Les actions des diverses associations de quartier - la Bellevilleuse en tête - finissaient par payer !

    Au 5 de la rue Lesage, un ancien hôtel de voyageurs avait été plus ou moins transformé au fil des ans en foyer de travailleurs immigrés, composé d'une quarantaine de chambres dont certaines atteignaient tout juste 5 mètres carrés … L'ensemble se trouvait dans un état lamentable, proche de l'insalubrité.

    Toutefois le bâtiment, certes passablement dégradé, gardait encore un charme certain,
    dû au contraste très surprenant entre sa façade simple, régulière, modeste, et, la cour pittoresque que l'on découvre, une fois le porche franchi. On y trouve en effet, de petits immeubles résultant d’agrandissements successifs, tous entourés de coursives, à l’ombre de deux grands arbres, un érable et un marronnier, dont la ramure passe au dessus des toits.

    Et voilà que cet ensemble a fait l'objet d'une réhabilitation réussie permettant la création de 5 logements confortables distribués autour de la cour intérieure pavée, avec ses coursives rénovées et soulignées par des balustrades ajourées…

    Le contraste entre une rue étroite, mais animée, de la capitale et la tranquillité d’une cour intérieure, si représentatif de l’esprit d’origine du Bas-Belleville, est enfin ici pleinement retrouvé.

     

    >>  La rénovation récente du Bas-Belleville : Dossier de presse du 31 mai 2005

     

     

     

     

     


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  •  Cour-impasse du 88 rue de Ménilmontant - Paris 20 ème (2012)

    A partir d'octobre 1946, les Ronis déjeunent régulièrement le dimanche chez Monsieur et Madame Pipard, au 88 rue de Ménilmontant. C'est ainsi que Willy va découvrir le quartier de Belleville-Ménilmontant et, ce quartier deviendra l'un des thèmes de prédilection de son œuvre photographique. Il y reviendra régulièrement toute sa vie …  jusqu'à plus de 80 ans !
    Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

    Daniel  Pipard est alors un artiste peintre, un confrère donc de Marie-Anne, l'épouse de Willy.
    Pipard, plutôt mégalo, se considère comme un grand artiste, et se fait appeler - excusez du peu -  le "Duc de Ménilmuch".

    Outre les Ronis, il compte parmi ses amis Jacques Prévert, Robert Doisneau, Sacha Guitry, Boris Vian, Edith Piaf, Charles Trenet, Maurice Chevalier, et bien d’autres célébrités … qui toutes fréquentent régulièrement l'impasse du 88 rue de Ménilmontant, là où Pipard a son atelier. Le "duc de Ménilmuch"  y donne des réceptions au cours desquelles l'art et la poésie sont à l'honneur.

    De 1945 à 1978, ce lieu sera l'un des cercles artistiques de Paris parmi les plus courus.
    Cette époque s'achève brutalement avec la mort accidentelle de Daniel Pipard, le 24 février 1978, renversé par une voiture. Il repose au cimetière du Père Lachaise. Sa femme et sa fille habiteront l'impasse jusqu'en 1982.

    Quelques années plus tard, l'atelier des Pipard est transformé en une manufacture de miroirs.
    En 1999, l'entreprise déménage en banlieue et, les locaux abandonnés deviennent un lieu alternatif haut en couleur "réquisitionné au nom du peuple pour créer un espace libre" (sic).

    Mais en 2009, le couperet tombe, les squatteurs de la miroiterie doivent partir.
    Les "miroitiers" résisteront trois ans, mais l'argent reprend ses droits, et bientôt nous aurons là un une belle résidence pour bobos chics...
    Fermez le ban, et circulez, … il n'y a plus rien à voir !


    >> Le peintre Pipard vu par Willy Ronis (1948)

    >> Le peintre Pipard vu par Robert Doisneau (1953)

    >> En savoir plus sur Daniel Pipard, le Duc de Ménilmuch'

    >> La lente agonie de "La Miroiterie".

     




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  •  Carrefour rue de Belleville et rue du Télégraphe Paris 20ème (Août 2014)

    C’est sur les hauteurs de Ménilmontant que le scientifique Claude Chappe va réaliser le 12 juillet 1793 les essais grandeur nature de son "télégraphe", un système permettant de transmettre des messages à l’aide de codes, sur de grandes distances.

    Son télégraphe possède alors 98 signaux différents, un nombre largement suffisant pour un usage quotidien. Aussi après avoir relié avec succès Ménilmontant et des villes du Val d’Oise, la construction d’une ligne entre Paris et Lille sera décidée.

    La rue de Belleville que l'on aperçoit ici, prise en enfilade, forme un dos d'âne au niveau du carrefour de la rue du Télégraphe et atteint alors l'un de ses plus hauts sommets de la capitale, 128 mètres, tout juste devancé par le cimetière du Calvaire à Montmartre (131 m).

    C'est précisément à ce carrefour que se dressait le mât de la fameuse invention de Chappe, pleinement utilisée, dès juillet 1793, pour correspondre avec les armées du nord.

    Sur cette hauteur, mis à part l'immeuble moderne à droite, l'environnement n'a pas trop changé depuis cette époque.
    Mais, au fil des ans, de nouvelles innovations ont pris place dans ce carrefour : tout d'abord le mât "Dervaux" signalant l'accès à la station de métro, et plus récemment la station Vélib et finalement tout dernièrement celle d'Autolib.
    Pas de doute, la colline du télégraphe possède un charme certain pour attirer à elle toutes les innovations …


    >>   Repère d'altitude: 128,508 mètres …

    >> Voir aussi : "Demain : tous bobos ...?"


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  • Cour du 42 Rue d'Avron, 75020 Paris (mai 1994)

    Pourquoi ce jour-là ai-je poussé la porte cochère du 42 rue d'Avron ?

    Sans doute parce que j'ai vu cette pancarte qui la surplombe et qui indique "Maison Mosca, au fond de la cour à droite". Voilà bien le genre de détail qui m'incite toujours à aller plus loin …

    Il n'y a pas âme qui vive dans la cour, mais elle est encombrée par quatre ou cinq poussettes … toutes identiques, toutes biplaces …! Or ce type "d'engin"  transporte habituellement des enfants jumeaux … Il y aurait donc en cet endroit autant de jumeaux ? Bizarre !

    Cette bizarrerie n'est pourtant pas ce qui me fera appuyer sur le déclencheur de mon appareil photo … c'est plutôt le lointain souvenir d'une image qui ressemble à la scène que j'ai sous les yeux. Oui voilà ce qui me poussera à l'action.
    L'image en question à pour titre : "Villa du Parc", elle a été prise non loin d'ici, en 1948, par un certain Willy Ronis …


    >> "Villa du Parc", © Willy Ronis _ 1948.

     



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  • Enfer ou paradis, voilà le dilemme du 20ème arrondissement de Paris.

    Pour certains, cet arrondissement n'est pas seulement le dernier numériquement. Il est aussi le dernier endroit où ils aimeraient vivre. Car pour eux, le capharnaüm de la mixité sociale qui règne ici, est vécu comme un véritable enfer.

    Pour d'autres tout au contraire, le 20ème est un éden, excentré sur ses hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, ceux-là trouvent qu'il y fait bon vivre.

    Rien d'étonnant alors d'y trouver le "Passage Dieu", et non loin de là, "l'Impasse Satan" … !

    Si leur proximité est amusante, indubitablement le choix des noms de ces  voies de communication l'est tout autant : car il semble indiquer que servir Satan mène à une impasse, alors que l'autre voie serait un passage vers Dieu … 
    Ceci dit le panneau "Accès pompier" que l'on voit ici, aurait sans doute mieux sa place sous le "Passage Satan" !

    Et, entre le passage et l'impasse ... n'y aurait-il pas une place pour le purgatoire ?
    Mais on aura beau chercher, il n'y a pas de Place du Purgatoire dans ce 20ème arrondissement …



    >> Passage Dieu et Impasse Satan.

    >> Autres impasses dans le secteur …

     



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