•  Belleville entend défendre son territoire.​
    Au
    48 rue Ramponeau_Paris 20ème: le fond de la cour et la porte de la métallerie Grésillon

     

    Comme chaque décennie depuis les années 70, Belleville doit faire face à une nouvelle vague de rénovation urbaine qui, ici comme dans d’autres quartiers du Nord-Est de Paris, conduit à repousser toujours davantage aux marges de la ville ceux qui, hier encore, parvenaient tant bien que mal à s’y loger et aussi à y mener leurs activités.

    Toutefois, aujourd'hui enfin, Paris entend lutter contre la désindustrialisation en constatant qu'elle ne peut pas tout sacrifier sur l’autel du tourisme. 

    Nous avons déjà parlé ici du cas de la cour du 48-50 rue Ramponeau où l'atelier de métallerie Grésillon et d'autres ateliers mitoyens sont menacés par la spéculation immobilière. Face à cette tendance lourde, observable à Paris comme dans toutes les capitales où les scintillements de la ville touristique et de la rentabilité à court terme aiguisent les appétits, il conviendra de suivre avec attention les conclusions que la mission "Fabriquer à Paris" a récemment rendues.

    Il faut rester confiant car Belleville a déjà su, dans le passé, faire entendre la voix de ses habitants et faire revenir à la raison ceux qui envisageaient de construire le quartier sans sa population.


    >> Conclusions et préconisations du rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation "Fabriquer à Paris" 

    >> Le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir …


    >> Cour de la métallerie Grésillon.

     


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  •  Une association, empêcheuse de bétonner en rond !
    3 villa de l'Ermitage_Paris 20ème (juin 1997)

     

    Dans les années 90, la Villa de l’Ermitage n'était encore qu'une suite de bicoques branlantes et d'ateliers d’artisans où régnait une atmosphère de quiétude heureuse. Puis le progrès en marche passa au bulldozer la plupart des villages du 20ème arrondissement, bétonnant allègrement le secteur. Village champêtre au cœur du tissu urbain, la survivance de la Villa de l’Ermitage n’a pourtant pas été évidente face à l'avidité des promoteurs.

    Mais l’association de préservation "Viva Villa" de la Villa de l’Ermitage veillait au grain et fut ici l'empêcheur de bétonner en rond.

    Alors, aujourd'hui, les petites maisons de ville, les pavillons, les ateliers d’artistes bordés de jardinets et de courettes, et d'autres constructions hétéroclites pleines de charme sont encore là … et c'est un petit miracle.

    La Villa de l’Ermitage reste donc un confetti verdoyant, mémoire d’un quartier disparu célébré depuis longtemps par les photographes amoureux de Paris.


    >> La villa de l'Ermitage déjà sur Parisperdu

    >> L’association "Viva Villa"(site officiel)

     

     


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  •  Rue des Partants. 

    Angle de la rue des Partants et de la rue des Muriers_Paris 20ème  (mars 2012)

     

    Rue des Partants, ce nom un peu étrange lui vient de l'époque où des habitants du village de Belleville partaient pour Paris.
    Ici, nous sommes dans le quartier des Amandiers, un quartier qui s'est complètement transformé en l'espace d'une cinquantaine d'années.
    Dès 1953 c'est d'abord l'Etat puis une société d'économie mixte qui vont successivement modeler la ZAC des Amandiers, située entre le métro Père Lachaise, Gambetta, la rue de Ménilmontant et la rue Sorbier.

    Cette très grande opération de rénovation a conduit à la destruction de la plupart des anciens immeubles, remplacés par près de 2000 logements neufs.

    D'après le projet initial, ces nouveaux logements sociaux étaient censés reloger les anciens habitants. Mais l'opération traîne en longueur car à maintes reprises, des manifestations ont abouti à retarder la destruction contestée de certains immeubles. Et, en 1994, le tribunal d'instance ordonne même le relogement de 35 familles considérées à tort comme des locataires sans titre et expulsées de la rue des Partants.

    Pour sensibiliser les habitants aux problèmes d'urbanisme, une association se créée alors : "Archi XXème", au 49 de la rue des Partants. Elle lutte pour que l’esprit chaleureux et populaire de l’ancien "Ménilmuche" perdure dans un quartier oscillant entre démolition, expulsion et reconstruction. "Archi XXème" fait le constat à la fois révolté et désabusé d’un immense gâchis urbanistique et humain.

    Car il y avait là une architecture en espalier, notamment rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Une architecture remarquable à plus d’un titre avec ces collines surplombant la ville et qui rappellent un peu celles de San Francisco. Beaucoup de photographes et de cinéastes ont pris ces rues comme décor ou s’en sont inspirés car c’était alors un endroit extrêmement attirant.

    Aujourd'hui, le quartier est essentiellement composé d'immeubles neufs, assez hétéroclites car datant de plusieurs époques et diversement réussis.
    Et, encore une fois, la population d'origine a dû partir, … la rue porte donc définitivement bien son nom.


    >> Mehdi et Henri, rue des Partants.

    >> Une rage de destruction ...

    >> Vers l'infini et même au-delà ...

    >> La vaine lutte du luthier.

    >> La rue des Partants vue par Willy Ronis(1948). © Willy Ronis/Rapho

     

     

     

     

     


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  •  

    Rue des Mûriers.

    10 rue des Mûriers_Paris 20ème (juin 1997)

    Je déambule dans Ménilmontant: rue des Amandiers, rue des Partants, rue Gasnier-Guy … et je ne retrouve plus rien de ce qui m'attirait ici il y a une vingtaine d'années. Les petits commerces, les artisans, les immeubles à taille humaine un peu brinquebalants sur ces rues pentues … tout cela a disparu pour laisser place nette à des bâtiments standardisés qui ne dégagent rien qui puisse vous apporter la moindre émotion, le moindre rêve …

    Aussi, quel ne fut pas mon étonnement lorsque j'arrive à hauteur du 10 rue des Mûriers ?

    Un détail attire mon attention, un simple détail qui aux yeux de beaucoup passerait même inaperçu. Ce sont deux petits cabanons, des appentis faits de bois et de briques légères. L'un est accolé à un immeuble récemment rafraichit, l'autre est accolé à un nouvel immeuble qui est venu s'ériger là, tout contre lui.

    Il peut sembler incroyable que l'un et autre de ces deux cabanons aient été préservés, car comment imaginer que ces petits édifices, sans grande valeur immobilière, n'aient pas subi la dure loi de la restructuration-destruction du quartier.

    Ce n'étaient alors que de modestes ateliers de serrurerie, d'étamage, de décolletage, de petite mécanique … comme on en trouvait beaucoup dans ce secteur de l'Est parisien. Ils étaient le plus souvent situés dans des passages, dans des impasses … et voilà sans doute pourquoi, au 10 de la rue des Mûriers, ils sont encore là car l'espace entre ces deux petits bâtiments donne accès à un immeuble en fond de cour qui lui aussi est resté dans son jus.

    Mais aujourd'hui plus aucun bruit n'émane de ces deux appentis, aucune activité à l'intérieur … ils ont été reconvertis, air du temps oblige … en remises à vélos !


    >> Le 10 rue des Mûriers_Paris 20ème, aujourd'hui.

    >> On retrouve la même histoire, non loin d'ici, Villa des Lyanes.

    >> Lieux retrouvés 023_Villa des Lyanes

     

     


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  • Loin, très loin il y avait la ville … 

    Rue des Envierges Paris 20ème (mai 2005)

    A l’intersection de la rue des Envierges et de la rue Piat se trouve une place qui forme une sorte d’esplanade baptisée récemment, et fort à propos, “Belvédère Willy Ronis”. Là, vous découvrez une vue magnifique sur Paris, un peu comme celle que l'on a du haut de la butte Montmartre, côté esplanade du Sacré Cœur. Sauf qu'ici, à contrario, le lieu n'est pas touristique, ce qui ajoute beaucoup à son authenticité et à son charme.

    De ce "balcon" sur la capitale, un grandiose panorama s'étend à vos pieds, du quartier de Bercy jusqu'au parc André-Citroën. C'est un endroit magique, lumineux, plein d’énergie dominatrice ...

    Et l'on ne peut s'empêcher alors d'avoir le même sentiment que celui qu'Amélie Nothomb nous délivre dans "Stupeur et tremblements" : "Loin, très loin il y avait la ville … si loin que je doutais de n'y avoir jamais mis les pieds".

     

    >> Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

    >> Paris n'est pas un musée.

    >> Willy Ronis définitivement lié à Belleville …

     

     


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