•  Une association, empêcheuse de bétonner en rond !
    3 villa de l'Ermitage_Paris 20ème (juin 1997)

     

    Dans les années 90, la Villa de l’Ermitage n'était encore qu'une suite de bicoques branlantes et d'ateliers d’artisans où régnait une atmosphère de quiétude heureuse. Puis le progrès en marche passa au bulldozer la plupart des villages du 20ème arrondissement, bétonnant allègrement le secteur. Village champêtre au cœur du tissu urbain, la survivance de la Villa de l’Ermitage n’a pourtant pas été évidente face à l'avidité des promoteurs.

    Mais l’association de préservation "Viva Villa" de la Villa de l’Ermitage veillait au grain et fut ici l'empêcheur de bétonner en rond.

    Alors, aujourd'hui, les petites maisons de ville, les pavillons, les ateliers d’artistes bordés de jardinets et de courettes, et d'autres constructions hétéroclites pleines de charme sont encore là … et c'est un petit miracle.

    La Villa de l’Ermitage reste donc un confetti verdoyant, mémoire d’un quartier disparu célébré depuis longtemps par les photographes amoureux de Paris.


    >> La villa de l'Ermitage déjà sur Parisperdu

    >> L’association "Viva Villa"(site officiel)

     

     


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  •  Rue des Partants. 

    Angle de la rue des Partants et de la rue des Muriers_Paris 20ème

     

    Rue des Partants, ce nom un peu étrange lui vient de l'époque où des habitants du village de Belleville partaient pour Paris.
    Ici, nous sommes dans le quartier des Amandiers, un quartier qui s'est complètement transformé en l'espace d'une cinquantaine d'années.
    Dès 1953 c'est d'abord l'Etat puis une société d'économie mixte qui vont successivement modeler la ZAC des Amandiers, située entre le métro Père Lachaise, Gambetta, la rue de Ménilmontant et la rue Sorbier.

    Cette très grande opération de rénovation a conduit à la destruction de la plupart des anciens immeubles, remplacés par près de 2000 logements neufs.

    D'après le projet initial, ces nouveaux logements sociaux étaient censés reloger les anciens habitants. Mais l'opération traîne en longueur car à maintes reprises, des manifestations ont abouti à retarder la destruction contestée de certains immeubles. Et, en 1994, le tribunal d'instance ordonne même le relogement de 35 familles considérées à tort comme des locataires sans titre et expulsées de la rue des Partants.

    Pour sensibiliser les habitants aux problèmes d'urbanisme, une association se créée alors : "Archi XXème", au 49 de la rue des Partants. Elle lutte pour que l’esprit chaleureux et populaire de l’ancien "Ménilmuche" perdure dans un quartier oscillant entre démolition, expulsion et reconstruction. "Archi XXème" fait le constat à la fois révolté et désabusé d’un immense gâchis urbanistique et humain.

    Car il y avait là une architecture en espalier, notamment rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Une architecture remarquable à plus d’un titre avec ces collines surplombant la ville et qui rappellent un peu celles de San Francisco. Beaucoup de photographes et de cinéastes ont pris ces rues comme décor ou s’en sont inspirés car c’était alors un endroit extrêmement attirant.

    Aujourd'hui, le quartier est essentiellement composé d'immeubles neufs, assez hétéroclites car datant de plusieurs époques et diversement réussis.
    Et, encore une fois, la population d'origine a dû partir, … la rue porte donc définitivement bien son nom.


    >> Mehdi et Henri, rue des Partants.

    >> Une rage de destruction ...

    >> Vers l'infini et même au-delà ...

    >> La vaine lutte du luthier.

    >> La rue des Partants vue par Willy Ronis(1948). © Willy Ronis/Rapho

     

     

     

     

     


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    Rue des Mûriers.

    10 rue des Mûriers_Paris 20ème (juin 1997)

    Je déambule dans Ménilmontant: rue des Amandiers, rue des Partants, rue Gasnier-Guy … et je ne retrouve plus rien de ce qui m'attirait ici il y a une vingtaine d'années. Les petits commerces, les artisans, les immeubles à taille humaine un peu brinquebalants sur ces rues pentues … tout cela a disparu pour laisser place nette à des bâtiments standardisés qui ne dégagent rien qui puisse vous apporter la moindre émotion, le moindre rêve …

    Aussi, quel ne fut pas mon étonnement lorsque j'arrive à hauteur du 10 rue des Mûriers ?

    Un détail attire mon attention, un simple détail qui aux yeux de beaucoup passerait même inaperçu. Ce sont deux petits cabanons, des appentis faits de bois et de briques légères. L'un est accolé à un immeuble récemment rafraichit, l'autre est accolé à un nouvel immeuble qui est venu s'ériger là, tout contre lui.

    Il peut sembler incroyable que l'un et autre de ces deux cabanons aient été préservés, car comment imaginer que ces petits édifices, sans grande valeur immobilière, n'aient pas subi la dure loi de la restructuration-destruction du quartier.

    Ce n'étaient alors que de modestes ateliers de serrurerie, d'étamage, de décolletage, de petite mécanique … comme on en trouvait beaucoup dans ce secteur de l'Est parisien. Ils étaient le plus souvent situés dans des passages, dans des impasses … et voilà sans doute pourquoi, au 10 de la rue des Mûriers, ils sont encore là car l'espace entre ces deux petits bâtiments donne accès à un immeuble en fond de cour qui lui aussi est resté dans son jus.

    Mais aujourd'hui plus aucun bruit n'émane de ces deux appentis, aucune activité à l'intérieur … ils ont été reconvertis, air du temps oblige … en remises à vélos !


    >> Le 10 rue des Mûriers_Paris 20ème, aujourd'hui.

    >> On retrouve la même histoire, non loin d'ici, Villa des Lyanes.

    >> Lieux retrouvés 023_Villa des Lyanes

     

     


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  • Loin, très loin il y avait la ville … 

    Rue des Envierges Paris 20ème (mai 2005)

    A l’intersection de la rue des Envierges et de la rue Piat se trouve une place qui forme une sorte d’esplanade baptisée récemment, et fort à propos, “Belvédère Willy Ronis”. Là, vous découvrez une vue magnifique sur Paris, un peu comme celle que l'on a du haut de la butte Montmartre, côté esplanade du Sacré Cœur. Sauf qu'ici, à contrario, le lieu n'est pas touristique, ce qui ajoute beaucoup à son authenticité et à son charme.

    De ce "balcon" sur la capitale, un grandiose panorama s'étend à vos pieds, du quartier de Bercy jusqu'au parc André-Citroën. C'est un endroit magique, lumineux, plein d’énergie dominatrice ...

    Et l'on ne peut s'empêcher alors d'avoir le même sentiment que celui qu'Amélie Nothomb nous délivre dans "Stupeur et tremblements" : "Loin, très loin il y avait la ville … si loin que je doutais de n'y avoir jamais mis les pieds".

     

    >> Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

    >> Paris n'est pas un musée.

    >> Willy Ronis définitivement lié à Belleville …

     

     


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     Retour rue Gasnier-Guy.

    Le 20, rue Gasnier-Guy_ Paris 20ème (1997)

     

    A l'époque du grand bouleversement du quartier des Amandiers, pendant des années et des années, j'ai parcouru cette rue pentue et son prolongement, plus plat: la rue des Partants.

    Etait-ce ce vaste champ de ruines, ces immeubles murés, ce secteur à l'abandon ou cette atmosphère de ville sinistrée qui invariablement m'attiraient ici comme un aimant … ?
    Je ne saurais le dire mais la rue Gasnier-Guy est vite devenue la rue symbole de "Parisperdu". Car là, les démolitions étaient autrement plus expéditives que la reconstruction qui, d'année en année, trainait en longueur. Cela créait une ambiance de fin du monde ou d'après guerre dans une ville dont on avait du mal à se persuader qu'elle était bien Paris …

    Quand l'heure de la reconstruction, de la résurrection du quartier sonna enfin, les architectes durent se rendre à l'évidence : ces fortes pentes et ces immeubles anciens créent ici un paysage de faubourg particulièrement pittoresque, et définissent d'étonnantes perspectives ascendantes ou descendantes, en particulier rue Robineau, rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Pensez-donc, la dénivelée, le long de cette dernière, dépasse seize mètres sur une distance de cent cinquante !

    Pour préserver cette ambiance, il était nécessaire de revoir le PAZ (le Plan d'Aménagement de Zone) qui prévoyait la démolition de la quasi-totalité des bâtiments des îlots délimités par les rues des Partants, Gasnier-Guy, Robineau, Désirée et des Mûriers. Il fallait d'autant plus revoir la copie d'origine que les démolitions et l'architecture des projets de reconstruction étaient vivement contestées par les riverains et les associations.

    L'objectif fixé serait donc de maintenir l'identité du quartier, ce que ne permet pas la politique de la table rase. Alors il fallut bien se décider à conserver et à réhabiliter une douzaine de bâtiments dont le maintien paraissait important pour le paysage urbain. Des locaux d'activités et des commerces, en rez-de-chaussée de ces immeubles, seraient également maintenus.

    Mais le 20, rue Gasnier-Guy; situé au point haut du relief et dont la silhouette formait un élément d'intérêt majeur dans le paysage, n'a pas pu, pour des raisons économiques (la fameuse rentabilité du bâti !), être conservé.

    Si bien qu'aujourd'hui lorsque je retourne rue Gasnier-Guy, le charme, le magnétisme n'opère plus, … La rue n'est plus qu'une enfilade de blocs identiques et les commerces en rez-de-chaussée qui devaient être conservés se sont peu à peu transformés en locaux d'habitation, même s'ils ne sont pas vraiment faciles d'accès … sur ce relief particulièrement accentué.

    Maintenant, c'est sûr, je le sais, on a assassiné la rue Gasnier-Guy …


    >> La rue Gasnier-Guy sur Parisperdu.

    >> La rue Gasnier-Guy aujourd'hui.

    >> Les lieux retrouvés de Parisperdu.

     


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