• Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

    Le Marché de la Butte 56 Rue des Trois Frères, 75018 Paris

    Niché sur le flanc de la Butte, au coin de la rue des Trois-Frères, le marché de la Butte a conservé son enseigne de fiction "Maison Collignon", apposée au-dessus de son vrai nom "Chez Abdel". Il a gardé aussi les paniers en osier, les bocaux de bonbons, les fleurs en plastique et les nains de jardin, imaginés par les décorateurs du film. 

    Et les touristes qui s’y arrêtent toutes les dix minutes, s’extasient dans toutes les langues en reconnaissant "l’épicerie d’Amélie" !

    En braquant ses caméras sur cette épicerie, située près de chez lui, Jean-Pierre Jeunet ne savait sans doute pas qu’il allait bouleverser la vie de cette famille marocaine, qui avait ouvert ce commerce en 1973. Car Abdel se dit toujours étonné que tant de monde continue à défiler chez lui. Ils prennent une canette, une pomme, des petits bonbons, histoire d’acheter quelque chose ici. D’autres passent en voiture en criant : "Collignon, tête d’oignon".  

    Aujourd'hui, cette épicerie montmartroise, devenue célèbre dans le monde entier, assume désormais sa double identité : celle de "l’Arabe du coin", ancré dans le quartier depuis près de quarante ans et qui continue à vendre à une clientèle d’habitués du shampooing ou des cacahuètes. Et celle de l'épicerie imaginaire où travaillait Lucien (Jamel Debbouzze), le protégé d’Amélie.

    Finalement, les deux s’emmêlent un peu dans l’esprit d’Abdel, aussi conclut-il avec modestie: "On fait comme dans le film, on continue à avoir des clients fidèles, à livrer à domicile aux personnes âgées ou aux vieux peintres" …

     

    >> Où l'on retrouve Amélie Poulain.


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  • La ville vue de dos.

    Rue Ordener, Paris 18ème _juin 2014

     

    Lorsque l'on regarde la quatrième de couverture d'un livre, on découvre peu de choses de son contenu … Et, alors que la première de couverture fait souvent l'objet d'une présentation soignée voire aguichante, le livre vu de dos présente la plupart du temps un aspect banal, un peu vide … avec au mieux, un bref résumé de l'ouvrage.

    Pour la ville, il en va de même … Il est des endroits où elle a décidé de nous tourner le dos, de nous cacher ce qu'elle a de plus riche, de plus beau en son sein … et elle ne nous montre alors que d'immenses pans d'immeubles aveugles, ternes, sans âme.

    La perspective de la rue Ordener, vue du pont qui enjambe le large faisceau des voies de la gare du Nord, est un exemple parfait de "la ville vue de dos".

     

    >> "Ground Control", du rêve à la réalité …

     


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  • "Ground Control", du rêve à la réalité …

    Le Ground Control a pris ses quartiers à La Chapelle (Paris XVIIIe) jusqu'au 15 octobre 2015.

     

    L'an dernier le bar éphémère "Ground Control" avait ouvert sous la Cité de la mode et du design dans le 13ème. Cette année, c'est le 26 ter rue Ordener dans le 18ème qui accueille ce concept hybride où se donne rendez-vous un public dit "décalé", underground, hypster et bobo en version postindustrielle.

    Le mur de la rue Ordener totalement "graffé" et dont on ne voit pas la fin débouche sur une palissade grillagée et un portail surmonté de l'inscription Ground Control. Il vous faudra descendre un escalier pour avoir accès à un autre monde : l'ancien dépôt SNCF de la Chapelle, traversé de rails dans tous les sens. Ici, dans un passé pas si lointain, les trains et les locomotives venaient se faire réparer dans des ateliers centenaires aux volumes vertigineux.

    Les anciennes voies de chemin de fer sont maintenant encombrées de sièges et de transats où l'on sirote des pintes. Aussi improbable que cela puisse paraître, on joue à la pétanque et au mölkky (jeu de quilles finlandais) entre les rails. La musique est forte mais curieusement n'incite pas à danser.

    Un préau - aménagé avec du mobilier d'école rétro et de lampions de fête foraine - propose un atelier où l'on fabrique des bijoux, un "nail truck", des tatouages éphémères, un brocanteur où l'on chine des vinyles et une boutique de vêtements. Il y a aussi un coin restauration, où l'on peut manger des burgers, des hot-dogs ou encore des pizzas et des pâtes. On y sert aussi des planches de charcuterie.

    Plus loin, c'est un simili-coin de campagne qui a été aménagé avec un poulailler et un potager d'agriculture urbaine, bio évidemment !

    Mais, avec en point de mire une forêt de caténaires et de pylônes de lignes à haute tension, au bout d'un moment, à cette adresse tout de même très excentrée, on ne sait plus très bien où l'on est. Et c'est là que l'intitulé du lieu nous revient en écho: Ground Control ne se réfère-t-il pas à Ground Control to Major Tom, de David Bowie? Où l'on apprend que "Major Tom" est un surnom pour la cocaïne qui permet de perdre le contrôle de son corps et de ses sens …

    Mais, en fixant l'arrière plan du site, vous êtes subitement ramené au monde réel lorsque passent RER, Thalys et autres TER …

     

     >> L'entrée du "Ground Control" au 26 ter rue Ordener Paris 18ème.

    >> Ground Control, Site officiel.

    >> "Ground control to Major Tom" de David Bowie.


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  • Au col de la Chapelle
    Ateliers ferroviaires de la rue Pajol, 75018_Paris (juin 1994)

     

    Géographiquement parlant, un col est un passage étroit entre deux montagnes, et il permet la communication entre deux versants.

    A Paris, entre le mont Martre et les Buttes Chaumont, se trouve le col de la Chapelle. Depuis toujours, ce passage a été une voie de communication majeure entre le Nord et la capitale. Dans cette coulée, on fit passer les tranchées des trains des Gares du Nord et de l'Est, les débouchés des routes Nationales 1, 2 et 3 … et aussi le Canal St Martin.

    "Au col de la Chapelle" est également le nom de l'essai que Joël Cornuault vient de publier. Il nous y relate son enfance et son adolescence dans le dix-huitième arrondissement de Paris et plus particulièrement ses errances dans ce quartier de La Chapelle.

    Je ne résiste pas à vous livrer un des extraits parmi les nombreux passages qui bien souvent se trouvent en parfaite résonance avec Parisperdu :
    " La vie sociale n'étant plus en mesure de se régénérer de son propre mouvement, le capital familial n'étant plus à la hauteur des investissements nécessaires, toujours plus élevés, le conseil municipal du dix-huitième se promet d'entrer en action à l'emplacement des anciennes rotondes à locomotives et des secteurs de triage. Un de ses énormes combinats culturels, dont le Centre Beaubourg a fourni la matrice et qui la voit se reproduire en divers endroits où des "restructurations" sont déclarées nécessaires, va se dresser en lieu et place des ateliers et des quais de transbordement de la rue Pajol. Cet implant sera géré par la mairie de Paris depuis ses bureaux des bords de Seine - depuis la lune, autant dire."

    Avec Joël Cornuault, au-delà de l'évocation d'un Paris populaire et ouvrier, aujourd'hui disparu, nous sommes invités à la flânerie urbaine, à l'errance quotidienne, à atteindre ce qu'il appelle le "sentiment des rues". Désormais aux côtés de Follain, de Fargue, d'Hardellet, de Réda et d'Aragon … il faudra ajouter un autre piéton de Paris: Joël Cornuault.


    >> "Au col de la Chapelle" de Joël Cornuault, aux Editions Isolato.

    >> La ZAC Pajol, sur Parisperdu.

    >> La halle Pajol aujourd'hui …

     

     

     


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  • Quand les murages font rage ….
    Passage Ramey Paris 18ème (octobre 2009)

     

    Ce matin, parti à la découverte du 18ème, sous tous ses angles et coutures et aussi toutes ses cultures, je m'engouffre dans le passage Ramey. C'est un lieu insolite qui se parcourt parfois en plein air, mais vous fait aussi parfois vous engager comme dans un tunnel. Vers son milieu, je tombe sur ce murage avec cette inscription singulière d'un passe-muraille du quartier qui déclare fièrement : "Been through it !"

    Et moi aussi, j'aurais pu lui répondre: "I've been through it", car oui "J'ai déjà vécu cela" dans le 20ème arrondissement du côté de la Réunion où les murages ont longtemps fait rage …

    Tout cela sonne comme un hommage au Passe-muraille, la plus fameuse nouvelle de Marcel Aymé, où se croisent réalité et fiction. Mais rappelons que le personnage de Dutilleul, doté du pouvoir de traverser les murs s’y trouve finalement enserré dans la pierre, prisonnier du dernier mur qu’il tente de traverser. Aussi, passage Ramey, je passe tranquillement mon chemin …


    >> Passage Ramey, comme dans un tunnel …

    >> Been through it…

     

     

     


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