• La villa Poissonnière - Paris 18ème (1997)


    A la sortie du métro Barbès-Rochechouart, c'est d'abord sa ligne aérienne qui interpelle, fortement présente, elle survole le tracé de l'une des anciennes enceintes de Paris, celle dite "des Fermiers-Généraux".

    Mais Barbès est aussi ce carrefour qui vous immerge immanquablement dans une foule bigarrée, et vous entraine dans un véritable maelström.

    Et Barbès c'est enfin un espace indistinct, une zone transfrontalière du nord de Paris. Décidément, Barbès n'est pas un quartier facile à cerner.


    Tout près pourtant, il y a un véritable quartier, bien identifié lui, centré sur une butte: la Goutte d'Or...
    L'aspect pentu des artères rappelle l'ancienne butte viticole, réputée pour son vin blanc aux reflets dorés: le fameux "goutte d'or ".

    La Goutte d'Or a toujours eu une vocation multiculturelle, a toujours été un lieu d'immigration, une Babel parisienne : d'abord provinciale, puis européenne et finalement aujourd'hui, ce sont les africains qui en constituent le contingent le plus important. Le quartier est désormais colonisé par de petits commerces exotiques et partout règnent les effluves de kebab.

    Un peu plus haut, Montmartre, avec ses touristes et ses familles aisées, est pourtant tout proche et pourrait, vu d'ici, représenter une métaphore de l'ascension sociale !

    Sur le versant nord, la butte de la Goutte d'Or s'échappe en pente douce vers une frontière ferroviaire constituée d'entrepôts et de voies de triage de la Gare du Nord. Les usines de locomotives et autres industries semi-lourdes ont disparu depuis longtemps. Transformé en un Paris africain, il ne reste plus de traces de ce Paris ancien.

    Sauf que tout à coup, surgie de nulle part, vous arrivez à la villa Poissonnière, une étroite artère qui relie les rues Polonceau et de la Goutte d'Or. Elle semble être ici comme le dernier témoin des temps jadis.
    C'est comme à la campagne …  mais Lidl est de l'autre côté de la rue!

     

    >> Voir aussi: "Ballade à La Goutte d'or" par Cityzeum.

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Etrange banalité ..."

     

     

     


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  • 18 rue  Véron Paris 18ème (Mai 2008)


    Aujourd'hui les bistrots se meurent et, triste réalité, sont remplacés par des banques.
    Mais dans le nord de Paris, certains troquets font encore de la résistance, et c'est tant mieux !
    "Chez Ammad", est l'un de ceux-là et reste un "rade" parigot pur jus …

    Contigu au Grand Hôtel de Clermont, dont vous ne devez pas craindre le nom pompeux, tant l'établissement est modeste, au bout de la rue Véron, n'hésitez donc pas à pousser la porte d'Ammad.

    Vous pénétrez alors dans un lieu unique à Paris: un bistrot authentique qui nous vient de la fin du 19eme siècle. Un bistrot où Marcel Cerdan et Edith Piaf avaient leurs habitudes …Et le grand Bernard Dimey pensait peut-être à ce "rade" quand il écrivait:

    " Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire,
    On peut toujours aller gueuler dans un bistrot."

    Aujourd'hui, Chez Ammad est un bar où les bobos côtoient les classes modestes et moyennes, et où le touriste aventurier racontera, lorsqu'il sera de retour dans son pays: "qu'il est allé dans un vrai café typiquement français" …

    Allez faire un tour là-bas en soirée, à l'heure où les curieux viennent se mélanger aux piliers de comptoir, vous trouverez alors une ambiance qui vous comblera, vous ne serez pas déçu !



    >> Chez Ammad (page Facebook non-officielle)

    >> Bernard Dimay, c'est qui… ?

     

     


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  • Rue Tholozé Paris 18ème


    Sans doute fascinés par le moulin de la Galette qui, en sa partie haute, ferme la rue Tholozé, Utrillo et après lui beaucoup d'autres peintres n'ont cessé de croquer la perspective montante de la rue.

    Tous ont délaissé la perspective inverse, celle de la rue descendante.
    C'est pourtant cette dernière qui sied le mieux à l'œil du photographe, car alors les plans successifs s'étalent devant son objectif,  jusqu'à libérer le champ sur un Paris lointain…  d'où émerge le dôme doré des Invalides.

    En cette fin d'après-midi ensoleillée, et selon cette perspective, elle a bien fière allure la rue Tholozé …



    >> Peinte par Utrillo, il y a 100 ans.

    >> Rue Tholozé, en contre-plongée.

     

     

     


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  • 19 rue des Gardes- Paris 18ème (juillet 1996)

     

    Dans ma rue, j'ai vu les commerces fermer les uns après les autres et pour les gens du quartier, il n'y a presque plus rien. Le secteur n'a plus d'attrait, ma pharmacienne affirme que lorsqu'elle est de garde, on ne la trouve jamais.

    Dans ce coin du 18ème arrondissement, le coiffeur, le libraire, le marchand de vin et un traiteur ont déjà fermé depuis longtemps, … plus récemment c'est la boucherie, qui vient de tirer le rideau. Restent un café et une boulangerie … guère suffisant pour faire de ce bout de quartier, une vraie petite place de village.

    Cette disparition au compte-goutte de nos commerces traditionnels a de quoi inquiéter celles et ceux qui restent attachés à "l'esprit village" de l'arrondissement.


    On ne trouverait plus qu'une cinquantaine de poissonneries dans tout Paris, contre plus de 250  "Phone Boutique". Une évolution symptomatique du mal qui gagne nos rues commerçantes : la disparition des commerces de bouche... Car aujourd'hui à Paris, à cause des effets de la spéculation immobilière, l'achat d'un local commercial par un petit commerçant est pratiquement impossible, … seules les grandes enseignes et leurs franchisés peuvent s'y développer.

     

    Les chiffres 2008-2009 de l'Atelier Parisien d'Urbanisme, sur le petit commerce à Paris, n'étaient déjà pas très réjouissants et il semble que le phénomène se poursuive, voire même s'aggrave d'année en année.

     

    Avec la disparition de nos bouchers, traiteurs, poissonniers ou fromagers, c'est une certaine idée de Paris qui s'en va. Et pourtant, l'activité commerciale n'est-elle pas un élément majeur de l'animation de nos quartiers ?
    Mais, mise à part la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, qui tire la sonnette d'alarme... qui se soucie de la mort de nos commerces de proximité ?


    >> Déjà sur Parisperdu : "On ferme …"

    >> Meme lieu, rue des Gardes, aujourd'hui.



     

     


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  • Crédit photo ©: Association Aurore.

     

    Trois jours par semaine, Aziz déballe quelques frusques porte Montmartre, dans le 18e arrondissement. Il dispose d’un emplacement sur le "Carré des biffins", à deux pas des puces de Saint-Ouen. Un marché d’infortune, situé sous un pont du périph, où s’entassent, entre les piles de béton et les voies de circulation, des hommes et des femmes condamnés à la débrouille. Une foule d’anonymes plongés dans la précarité, et qui n’ont d’autre choix que de vendre ce qu’ils ont pu dégoter.
    Aziz vend des vêtements, des chemises surtout, "c'est le plus facile à transporter" dit-il.

     

    Les biffins – un nom tiré d’un mot de vieux français désignant les étoffes et par la suite, les chiffonniers - ont toujours exercé dans le quartier, comme leurs ancêtres le faisaient il y a cent ans dans la "zone", sur les anciennes fortifications, pour - eux aussi - se sortir de la mouïse. Ces dernières années pourtant, le phénomène a pris une ampleur inédite. Jusqu’à mille vendeurs à la sauvette arpentaient chaque jour les abords de la porte Montmartre.

    D’autres venaient y chercher ce qu’ils ne pouvaient se payer ailleurs, vêtements ou nourriture en particulier. Les descentes quotidiennes de la police ou les protestations de riverains excédés n’y ont rien changé. Face à cette réalité devenue ingérable, la mairie de Paris a fini par en autoriser la pratique, à titre expérimental, et uniquement les samedis, dimanches et lundis - jours d’ouverture des Puces de Saint-Ouen.

    Une centaine d’emplacements, numérotés et matérialisés au sol à coups de peinture blanche, ont ainsi été créés. Seuls peuvent en bénéficier les habitants des 18e et 19e ainsi que les habitants de Seine-Saint-Denis.

    La gestion de ce projet a été confiée à l’association Aurore, spécialisée dans la réinsertion. L’association s’est très vite retrouvée confrontée à une explosion des demandes, certains assimilant même le "carré des biffins" à un vide-grenier. Et aujourd’hui, près de 270 biffins sont inscrits et se relaient en fonction des places disponibles.

     

    On est lundi, et Aziz espère avoir à nouveau une place sur le Carré samedi ou dimanche prochain … pour lui c'est quasiment une affaire de survie.

     

     

    >> L'association Aurore sur Facebook.

     

     

     

     

     


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