• Quelque part, sur les Boulevards des Maréchaux, le 23 Juin 2004 à 00 heure 43.

     

    Dans le 18ème, où l'on a dénombré jusqu'à 350 prostituées sur les boulevards des maréchaux, la récente loi qui réprime le racolage, a bien modifié le paysage.

     

    Mais la loi n'a pas supprimé la prostitution, bien au contraire … Dans un premier temps, elle l'a simplement reléguée loin des regards, dans les confins des bois, sur les  terrains vagues … puis finalement, la prostitution s'est repliée dans les appartements, les hôtels de tout standing, les fausses agences matrimoniales, les bars à hôtesses et les squats.

     

    Depuis la mise en vigueur des lois sur la sécurité intérieure, la préfecture de police a procédé à plus de 3 000 gardes à vue de prostituées, plus de 1 000 présentations à la justice, à quelques 550 rétentions administratives, et 250 reconduites à la frontière !

     

    Aujourd'hui, c'est une répression policière impitoyable qui s'est abattue sur la cohorte des travailleuses du trottoir … mais pour les réseaux et les proxénètes, les affaires continuent …

     

    >> Voir aussi sur Parisperdu : "Extérieur nuit".

     

     

     

     

     


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  • Rue Caulaincourt - 75018 Paris


    A Paris, les transitions sont parfois insensibles, mais le plus souvent, elles sont brutales … surtout quand on passe derrière le décor des grandes avenues haussmanniennes.
    Ainsi, en empruntant les coulisses, en se faufilant derrière la place Clichy, à travers les passages, on atteint le cimetière de Montmartre, un no man's land de verdure et de pierres taillées.

    Du pont métallique qui le surplombe, on aperçoit la tombe de Sacha Guitry, et sous les arbres repose une bonne partie du Gotha du XIXème siècle.
    De la tombe la plus modeste aux caveaux grandiloquents, on n'est pas au bout de ses surprises au cimetière de Montmartre, ainsi un inconnu qui répond au superbe nom d'Iffla Osiris a fait placer sur sa tombe la reproduction grandeur nature du Moïse de Michel-Ange, avec cet épitaphe: "Au premier législateur" !

    Huit heures moins dix, à cette heure matinale, l'activité urbaine est encore ralentie, ce qui sied parfaitement à ce lieu calme, apaisant, moins célèbre bien sûr que le "Père-Lachaise" mais tout aussi romantique et souvent plus pittoresque …



    >> L'histoire extraordinaire de Daniel IFFLA-OSIRIS  (1825-1907).

    >> Visite guidée du cimetière de Montmartre.

    >> Déjà sur Parisperdu : " Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano ..."

     

     

     

     


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  • "Je suis resté un peu interdit à l'annonce de cette étonnante nouvelle : la fermeture possible du Musée de Montmartre. J'avais même du mal à y croire. Comment une institution parisienne aussi ancienne pourrait-elle être purement et simplement supprimée, comme cela, d'un trait de plume administratif ?

     

    C'est pourtant la triste vérité. L'Hôtel de Ville de Paris, jugeant ce lieu probablement trop démodé, peut-être pas assez "branché", ne donnera pas de subvention cette année, ne renouvellera pas le bail du bâtiment - dont la Ville de Paris est propriétaire - et demande que l'association "Société Historique et Archéologique du Vieux Montmartre" soit dissoute!

     

    Ainsi, par la volonté de quelques uns, cette association fondée par un groupe de passionnés en 1886 devra, non-seulement plier bagages, mais en confier le contenu - une très riche collection - au Musée Carnavalet et à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

     

    C'est un peu vite oublier que si les ruelles de la butte attirent autant de touristes aujourd'hui, c'est justement parce que le "Vieux Montmartre" et les passionnés qui en faisaient partie, se chargèrent de veiller à leur conservation.

     

    Si Claude Charpentier ne s'était pas personnellement investi dans les années cinquante, dans son fameux "plan de sauvegarde de la butte Montmartre", que resterait-il aujourd'hui? Montmartre serait devenu un quartier comme les autres, sans âme, d'une affligeante banalité.

     

    Devons-nous céder le terrain définitivement aux vendeurs de souvenirs à deux sous? Montmartre doit-il ressembler à un décor de cinéma?"

     

    C'est donc bien volontiers que je reprends aujourd'hui - sur Parisperdu -  ce cri d'alarme lancé par Rodolphe Trouilleux, écrivain, historien de Paris et créateur du site "Paris secret et insolite". Sa cause est juste et la mort annoncée du musée de Montmartre est une éventualité que l'on doit absolument combattre.

     

    Vous qui êtes amoureux de Montmartre, amoureux de Paris, vous pouvez faire quelque chose pour repousser cette disparition programmée : manifestez votre soutien, signez  ici la pétition.

     

     

     

    >> Visitez le Musée de Montmartre … pendant qu'il en est encore temps !

     

     

    >> Invitation à la Journée de soutien au Musée de Montmartre.

     

     

     

     

     


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    Boulevard Ney Paris 18ème 

    A Paris, les boulevards des Maréchaux Nord, peuvent être vus comme des espaces urbains … transitoires, à vocations indéfinies. De la porte de Champerret à celle de la Villette, on note que la densité de trafics en tous genres est proportionnelle à la dégradation du paysage. Les parties la plus cossues sont moins marquées par ces trafics que d’autres portions plus disqualifiées des Maréchaux.

    L’itinéraire nord des boulevards des Maréchaux rend  compte, en effet, de contrastes inhérents à la géographie de cet espace peu ordinaire. Cette bande de territoire, parfois appelée "la zone" joue de ses ambiguïtés: routes et habitations, Paris et banlieues, circulations et stations, …

    Cette "zone" présente un profil sociologique particulièrement marqué car sa population est constituée d'un métissage de classes et de cultures, découlant souvent d'un prolongement naturel des habitats des arrondissements ou de la proche banlieue.
    Au regard s’offre alors une marge interlope à l'activité plus ou moins développée, à la fois séduisante et dangereuse, calme et violente, sublime et immonde …



    >> Déjà sur Parisperdu : "Exterieurs nuit".

     

     

     


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  • Rue Myrha - Paris 18ème

     

    A la sortie des bistrots, malgré la nuit, la lumière est à son intensité maximale, elle explose de tous côtés … Elle s'étalera sur toute la surface de la photographie et les plus fins détails percuteront le devant de la scène.

    Les hommes, toutes générations confondues, sont ici les plus nombreux. En attente, solitaires ou par petits groupes de deux ou trois, ils sont seuls dans la cité qui les entoure, perdus dans la ville, perdus dans la vie.

    Ces individus ponctuent notre parcours dans ce quartier "chaud" de la Goutte d'or. Leurs regards à l’agressivité préventive indiquent qu’ils sont ici chez eux.
    Certains "deal", d’autres, moins nombreux ou moins visibles, guettent et surveillent les prostituées. D'autres encore sont là, appuyés au mur qui forme un arrière-plan plus sombre, sans ouverture, rendant possible l’adossement, le contrôle de l’arrière, et donne, malgré la pénombre, un champ de vision longitudinal lointain. Quelques uns sont enveloppés par la lumière artificielle, des ombres marquent leur visage et leur donnent d'affreux rictus.

    Ces situations qui ailleurs pourraient sembler bizarres, décalées, paraissent ici normales, naturelles.
    Chaque nuit, à la Goutte d'or, règne une étrange banalité …



    >> Déjà sur Parisperdu : "Eva yé t'aime".

    >> Déjà sur Parisperdu : "Perspective à la Chapelle".



     

     

     

     

     

     

     


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