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    Juliette habite dans le 19ème, et aujourd'hui, elle se rend à la journée d'information, à destination des chiens, organisée pour la première fois à Paris. L'opération s'intitule assez justement "Ma cité a du chien" ...

    Bien sûr, ses deux caniches Belle et Bianca l'accompagnent. Il faut dire que les deux toutous de Juliette ont des progrès à faire du "côté du caniveau" ...
    Mais qui est le premier responsable : le chien ou son maître ? Les chiens guides d'aveugle sont dressés à faire leurs besoins dans le caniveau alors, pourquoi pas Belle et Bianca? Il s'agit donc bien, pour Juliette, d'une question d'éducation...

    Cet après-midi, des éducateurs canins vont expliquer à Juliette comment devenir une vraie "Cani-citoyenne". Belle et Bianca, sous l'autorité de leur maîtresse, devront apprendre à respecter l'environnement. Et cela passe par la responsabilisation de Juliette qui sera dorénavant informée donc prévenue, et ... éventuellement sanctionnée.

    Mais, pour cette dernière extrémité, jusqu'où devra-t-on aller ? Jusqu'à demander le contrôle de l'ADN des crottes de chien ?
    La question est sérieusement étudiée en Allemagne, par la ville de Dresde !


    >> L'Adn contre les crottes de chiens
     

     


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    Au 35 de la rue de Tourtille, dans l'épicerie-buvette de Françoise Lajoy (dit-Fanfan), on se croirait encore en province dans les années cinquante.

    Au mur, ce sont, pêle-mêle, des bouteilles, des boîtes de conserve, des paquets de sucre ou de biscuits, ... Quelques frusques d'un autre âge sont suspendues dans un coin. Au fond, il y a une seule table avec des chaises de cuisine et surtout ce comptoir qui a vu défiler tant d'habitués ... depuis des décennies.

    Fanfan joue ici, dans le bas-Belleville, un rôle social très important : elle vous dépanne le soir lorsqu'il vous manque quoique ce soit en cuisine et toute la journée elle écoute, console ou conseille les gens du coin venus au comptoir lui conter leurs difficultés... Elle pourra même vous garder le courrier, vos clés, voire vos enfants ... tant sa générosité est sans borne.

    D'un tempérament d'une grande gaité, elle a toutefois les larmes aux yeux, lorsqu'elle évoque toutes ces années passées, ici, depuis que sa mère a ouvert l'épicerie dans ce local acheté par sa grand-mère en 1932 et qu'elle a reprise après son CAP...

    Car maintenant, dehors, la restructuration du quartier a commencé, et dans la rue où tous les autres commerces ont déjà fermé, l'ambiance n'est pas gaie. Une grande partie des habitants a déjà quitté le quartier ... les plus âgés sont morts. Qu'est devenu Jeannot qui, avec son accordéon, faisait danser les gens sur le trottoir les soirs de 14 juillet ?

    Mais Fanfan se résigne mal à un avenir ailleurs. Aussi, elle fait de la résistance et ses amis sont solidaires : leur dernière pétition (Collectif "Y'a D'la Joie")
    a recueilli des milliers de signatures pour essayer d'obtenir un dernier sursis à cet ultime bistrot de quartier menacé de disparition.

    Pourtant, Fanfan devra fatalement, tôt ou tard, laisser la place à l'agrandissement de l'école maternelle mitoyenne ... qu'elle a fréquentée, petite. C'est un crève-cœur, mais elle se résout à accepter la situation car "si c'est pour les gosses alors ça va ..., dit-elle, ... au moins je ne pars pas à cause d'un promoteur".

    Finalement l'épicerie-buvette sera rasée, l'école maternelle agrandie et Fanfan quittera sa chère rue de Tourtille. Des opportunistes lui rachèteront "son nom, sa marque", et une nouvelle enseigne "Fanfan Lajoy" ouvrira tout près d'ici, rue Jouye-Rouve. Mais il s'agit d'un café-galerie de la "néo-branchitude". Rien à voir donc avec l'épicerie-buvette authentique de Fanfan qui pourtant, elle aussi faisait galerie - à son corps défendant toutefois.

    En effet, n'y avait-il pas, au fond du bistrot, une photographie originale d'Izis ?
    Comment un tirage de ce grand photographe avait-il pu atterrir ici ?
    Fanfan était plus que discrète sur le sujet ...


    >> Fanfan Lajoy, ... sujet d'un mémoire universitaire ! 



    >> La photo d'Izis chez Fanfan (« Dans une cour, Paris 1948 »)


     

     


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  • Il est un peu plus de 8 heures et ... ce matin Manuel s'accorde un peu de repos. Le cirque qui l'emploi est arrivé ici, au Square de l'Amiral Bruix, cette nuit vers 3 heures.

    Manuel est-il artiste ? Il aurait aimé l'être. Mais malgré son prénom vaguement tzigane, Manuel est gadjé et un gadjé doit être disponible pour tout faire ... Ainsi, dans quelques minutes le montage du chapiteau va commencer ... et on l'attend déjà pour « donner la main ».

    Manuel travaille maintenant depuis près d'un an pour Joseph Bouglione. Il est « homme de peine » comme on dit dans le milieu du cirque. Car s'il y a des « filles de joie », il y a aussi ... des « hommes de peine ». Manuel sera, dans cette même journée tout à la fois garçon de piste, aide à la ménagerie pour nourrir les bêtes et changer leurs litières, vendeur de cacahuètes à l'entr'acte, préparateur des repas à la cantine pour la caravane... Il devra aussi monter le chapiteau, passer le balai, démonter le chapiteau, conduire le camion, placarder les affichettes... et bien d'autres menus travaux qui l'occuperont à temps plein.

    Toute la journée, Manuel va trimer : un véritable homme-orchestre, mais en dehors de la lumière des projecteurs. Manuel c'est le cirque sans les paillettes, l'envers du spectacle ... aussi ces quelques minutes de repos et de rêverie, seul sur ce banc, dans la fraîcheur et la lumière du matin, sont un véritable délice...


    >> Le Cirque Joseph Bouglione : la sixième génération ...

    >> Izis, un maître de la photographie amoureux du Cirque ... Fasciné par le monde du cirque et des fêtes foraines, Izis publiera en 1965 : « Le Cirque d'Izis », un ouvrage préfacé par Jacques Prévert.

    >> Autre cirque sur Parisperdu ...

     


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  • Hélène aura été concierge toute sa vie. Elle est même née dans la loge où sa mère exerçait déjà ce métier pendant la guerre de 40.

    Aujourd'hui Hélène doit vivre de sa maigre pension dans cette pièce unique ... un concentré de sa destinée.
    Aussi, pour avoir un peu plus d'espace, Hélène est souvent sur le pas de sa porte ... mais n'est-ce pas le propre de toute concierge ?
    Elle peut ainsi renseigner les personnes qui se sont égarées dans cette impasse du 34 de la rue Henri Chevreau.
    Le plus souvent ce sont de bien jolies jeunes filles à la recherche de l'Atelier du Passage, qui pour 15 Euros de l'heure, recrute des modèles pour des poses de nues académiques.

    Souvent, Hélène leur envie leur jeunesse et leur grâce ... des qualités qui l'ont fui depuis déjà bien longtemps.

    >> A découvir, à deux pas, le Théâtre Popul'air du Reinitas ...



     


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  • Nous sommes le 25 juin 1996, et demain l'équipe de France de football joue - à Manchester - les demi-finales du championnat d'Europe contre
    la République Tchèque.

    René, l'artisan-coiffeur du 108 de la rue de Bagnolet, est plongé dans la lecture de l'Equipe, ... et il est fort perplexe. Il découvre en effet, que le jeune Zidane, qu'on annonce comme un futur grand parmi les maîtres à jouer, s'est blessé hier, à l'entraînement.

    Voilà un sujet de discussion que René ne manquera pas d'aborder avec son prochain client. Mais, depuis l'ouverture d'un salon franchisé très tendance - un peu plus haut dans la rue - les clients se font rares. Car il faut bien avouer que, face à ce nouveau concurrent, le salon de René a pris "un sacré coup de vieux".

    Demain la France sera battue aux "tirs au but" et René - dépité - risque fort de s'assoir à nouveau dans les fauteuils désertés par ses clients.

    Décidemment, on vit une sale époque ...



    >> Pour les "footeux" : en savoir plus ...



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