• Belvedère de la rue Piat - Paris 20ème

     

    Paris n'est pas un musée, un objet de nostalgie dont les quartiers ne vaudraient qu'à être regardés sans jamais être partagés. Au contraire, Paris est une fête, un espace de rencontre, riche, bouillonnant, vivant !

    C'est pourquoi Parisperdu vous invite sans cesse à arpenter les rues de la capitale, les plus prestigieuses comme les plus obscures pour partager vos expériences, donner à voir, à penser et à comprendre les espaces, les territoires de la ville.

    C'est à vous maintenant, amoureux de Paris, gourmands et curieux de la cité, de vous mettre en chemin et de partir à la rencontre de la ville et de ses habitants. Vous passerez des journées exceptionnelles à sillonner cette capitale unique en prenant plaisir à découvrir l'inconnu ou a revisiter le déjà trop connu ...

     

     

    >> Paris est-elle la plus belle ville du monde ?

    >> La traversée de Paris.

    >> Voir et comprendre Paris.

    >> Paris a-t-il perdu son âme ?

     

     


    3 commentaires


  • C'est juste un grain, juste un petit grain, celui qui tombe sur une vitre et rend flou le paysage, il trouble l'espace, à le faire dissoudre, s'éparpiller, divaguer.

    Le grain de la pluie se répand dans le grain de la photographie, diluant les pixels, étalant les lumières qui dégoulinent, informes, déviées de leurs focales, s'irisant comme des fleurs imbibées.

    Quand il pleut sur Paris, parfois je coupe les essuie-glaces de ma voiture et photographie la ville derrière le pare-brise.
    Apparaissent alors les distorsions optiques d'un voyage devenu ivre, étincelant, étrangement liquide.


    >> Autre image, plus délirante encore!

     


    1 commentaire
  • 113 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (1996)

    Myriam est une battante. Rien qu'à voir le pas décidé avec lequel elle marche dans la rue, on comprend à qui l'on a à faire ...
    Quand elle a appris que ses voisins Monsieur et Madame Edeline, tous deux retraités, ancien ouvrier et ancienne secrétaire, étaient confrontés à des difficultés pour payer leur loyer et qu'ils allaient être expulsés, son sang ne fit qu'un tour.

    Myriam se propulse alors à l'antenne de l'association du Droit au Logement, dans cette ruelle qui conduit à la cité de l'Ermitage, en haut de la rue de Ménilmontant.
    Là, elle va y exposer longuement le cas des époux Edeline qui, suite à une procédure du propriétaire, ont vu leur bail résilié. Monsieur et Madame Edeline sont restés dans les lieux, mais n'ont pu apurer totalement leur dette locative.

    Monsieur Edeline est par la suite tombé malade et a développé un cancer. Il a été reconnu invalide à 100 %, mais cela n'a pas empêché le propriétaire de demander l'expulsion de ces retraités de 65 et 68 ans, ce que le tribunal a accordé.

    La trêve d'hiver a permis à Monsieur et Madame Edeline d'obtenir un sursis. Mais à la fin de la trêve, l'huissier de justice a demandé le concours de la force publique.

    Tout à côté de l'antenne du DAL, sur un mur, il est écrit "Viva Zapata", mais le 20ème arrondissement, n'est pas le Mexique et le Droit au Logement finira par avouer à Myriam, que dans ce cas précis, il ne peut rien faire.

    Face au caractère inhumain de cette expulsion, Myriam a décidé de loger elle-même les époux Edeline qui n'avaient aucune solution de relogement. Une chambre mansardée, que Myriam avait aménagée dans le but de la louer plus tard à des étudiants, est maintenant occupée par Monsieur et Madame Edeline ... en attendant mieux ...

    Quiconque ayant rencontré Myriam vous le dira : "l'homme le plus courageux du 20ème est une femme" !

     

     

    >> L'antenne de l'association "Droit au logement" de l'impasse du 113 de la rue de Ménilmontant (1996)

     

     


    3 commentaires
  • On pourrait qualifier Freddy, de squatter professionnel, car depuis maintenant presque dix ans, il a  - selon ses propres propos : "résolu le problème des loyers chers". 
    Pour Freddy, les meilleures affaires dans l'immobilier, c'est quand c'est gratuit !

    Lorsque je l'ai rencontré, dans un coin du 20
    ème arrondissement, il venait d'aménager dans un nouveau squat, plutôt confortable, ce qui le changeait des multiples taudis qu'il a occupé au cours des dix dernières années.
    Mais comment fait-il pour arriver à trouver un logement et pour toujours se soustraire à un loyer ? Freddy a ses petites recettes et, il a bien voulu nous en livrer quelques unes.

     

    Selon lui, il faut jeter son dévolu sur un logement abandonné depuis au moins six mois.
    Pour cela, il mène sa petite enquête, place un petit bout de papier dans l'embrasure de la porte et, au bout de quelques temps, il vérifie que ... le papier n'a pas bougé.
    Ensuite, surtout ne pas laisser trace de l'effraction: Freddy répare fenêtres, portes et autres issues détériorées, cela lui évitera le risque du flagrant délit, le "flag" qu'il doit absolument éviter.  

    Après avoir vérifié les arrivées d'eau et d'électricité, l'installation proprement dite peut alors commencer. Puis, il multiplie les preuves de présence: envois de lettres, factures EDF, etc.
    Mais Freddy me confie qu'il n'est jamais tranquille car l'occupation illicite est un délit permanent et, chaque jour un "flag" peut mettre fin à l'aventure. Toutefois, le squat ne dépend pas d'une juridiction pénale, il n'y a donc pas de risque de prison. En revanche, le propriétaire peut se saisir de la juridiction civile et obtenir l'expulsion, soit à la suite de la plus expéditive des procédures - une ordonnance sur requête -, soit après la plus courante d'entre elles - le jugement en référé. Dans ce dernier cas, c'est au préfet de décider l'expulsion.

     

    Freddy connaît tout cela sur le bout des doigts, il sait que l'expulsion le guette à tout moment, il en a connu une quinzaine, en dix ans ! Et cela par tous les temps car la trêve d'hiver des expulsions ne concerne pas les squats ... même pour les squatters professionnels!

     


     

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Squat Utopique".

     



     

     


    1 commentaire
  • Rue Marx Dormoy,  Paris 18ème.

     

    Lorsque j'ai croisé Camille et Nacira, rue Marx Dormoy, j'ai parié qu'elles étaient du quartier et donc qu'elles pourraient me renseigner sur mon itinéraire.

    La conversation fut tout de suite amicale, mais elles ont refusé que je les prenne en photo, ou alors : "de dos, si vous voulez, car ici on est surveillées" m'ont-elles dit.
    Surveillées, mais par qui, et pourquoi ? "Par les garçons pardi", ont-elles répondu en cœur!
    Alors ici, même si l'on n'est pas en banlieue, ce serait donc quand même un peu la loi des cités?

     

    Oui, mais sauf qu'à Paris, les filles sont en voyage. La structure de la ville est ainsi faite que leur coiffeur est à Marx Dormoy, les boîtes de nuit dans le quartier d’à côté, le lycée à plusieurs kilomètres de chez elles, et le cinéma à Gambetta.

    Ainsi dans tous les cas, Camille, Nacira et leurs copines peuvent aisément circuler en métro ou en bus, et elles ont de bonnes motivations de le faire, c’est-à-dire des motivations qui les protègent de toute suspicion de la part des garçons : elles vont quelque part, pour faire quelque chose de dicible et de légitime.

    Qui plus est, une fois passées deux ou trois stations de métro, elles s’engouffrent dans la masse anonyme, et deviennent beaucoup moins contrôlables que dans les cités de banlieue.

    Camille et Nacira ont une scolarité satisfaisante, leur famille les responsabilise, elles ne touchent pas à la drogue. Leurs loisirs sont "bon enfant", elles ont de petits amis mais "ça leur prend pas trop la tête". Déjà elles se projettent dans la vie professionnelle au travers de stages et d'activités parascolaires.
    Camille et Nacira, parisiennes ordinaires d'un quartier populaire, sont des filles bien.



    >> Voir aussi sur Parisperdu : "La fille de Bercy".



     

     


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique